Préparation de l'expédition
- Joseph Gandrieau
- 7 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 févr.
Une expédition s'anticipe que ce soit mentalement ou physiquement. Nous avons chacun suivi un entraînement spécifique pour tenir sur la durée

Dans la préparation d’une expédition, tout est affaire d’anticipation
Pas de place pour l’incertitude avant le départ : il y aura déjà bien assez de problèmes à résoudre sur le terrain.
Le corps n’échappe pas à cette règle.
Véritable outil et interface avec l’environnement que nous allons traverser, il doit être prêt.
Au sein de Corps Boréal, une conviction nous rassemble :
le corps peut beaucoup, à condition de lui laisser du temps ⏳
C’est le principe de l’adaptation. Chaque stimulus, répété, assimilé, finit par transformer et renforcer.
Notre préparation physique s’est construite autour de quatre piliers physiologiques :
– Endurance fondamentale, pour bâtir une base aérobie solide et durable.
– Force maximale, afin d’augmenter la force produite à chaque pas et l’efficacité du mouvement.
– Endurance de force, pour maintenir un haut niveau d’effort malgré la fatigue.
– VO₂max, pour accroître la capacité à capter, transporter et utiliser l’oxygène lors des efforts.
À vélo, à ski, à pied, en salle de musculation, les six derniers mois ont été progressifs et exigeants.
Nous entrons désormais dans la dernière phase : celle où l’entraînement se rapproche au plus près de l’effort à venir.
Un effort long, répété, à ski, à tirer une pulka lourde sur la glace, glissant droit… ou se coinçant dans le chaos, entre crêtes de compression et sastrugi.
Mais cette préparation ne se limite pas à ces derniers mois. Nous ne nous lancerons pas sur le passage du Nord-Ouest avec seulement six mois de préparation.
Elle s’inscrit dans un temps bien plus long. Chaque aventure vécue, chaque expédition à pulka nous a façonnés : automatismes, gestes affinés, réponses devenues presque réflexes. C’est une affaire de durée, de répétition, d’erreurs aussi. Des souvenirs du corps. On ne se prépare pas en 6 mois.
S’entraîner, pourtant, ce n’est pas réduire le corps à une machine à optimiser.
Préparer plus de quarante jours sur la glace, c’est aussi apprendre à accepter l’inconfort, notamment celui du froid. On ne peut pas s'acclimater au froid, mais on peut s’y habituer, devenir plus tolérant.
Les corps sont prêts.
Parce qu’ils ont appris, lentement, à consentir à ce qui vient.

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